Histoire de Francisco de Goya
Le peintre qui libéra la modernité
Francisco de Goya naît en 1746 à Fuendetodos, en Aragon. Formé à Saragosse puis à Madrid, il devient peintre de la cour d'Espagne sous Charles III et Charles IV. Ses premiers travaux, des cartons de tapisserie, montrent une Espagne joyeuse et colorée : Le Parasol en est l'exemple le plus célèbre. Mais bientôt, son regard s'assombrit. La maladie qui le rend sourd en 1793 le pousse vers des œuvres plus intimes, satiriques et violentes.
Les Caprices, série de gravures dénonçant les superstitions et l'ignorance, marquent un tournant. Sous le prétexte de fantaisies, Goya attaque l'Église, la noblesse et la bêtise humaine. Avec la guerre d'indépendance espagnole (1808-1814), sa peinture se fait monument d'horreur : Une scène de la guerre d'indépendance espagnole montre la brutalité sans fard. Les Peintures noires de la Quinta del Sordo, dont Saturne dévorant son fils, poussent l'expression jusqu'à l'angoisse.
Goya meurt en 1828 à Bordeaux, en exil volontaire. Il laisse une œuvre qui traverse tous les genres : portrait, scène de genre, tauromachie, guerre, mythe, satire. Sa liberté de touche et sa violence psychique en font un artiste unique, à la charnière du classicisme et de la modernité.
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Ce qui rend Goya si fascinant : il peint la noblesse avec autant de soin que les monstres. Chaque œuvre porte une tension entre la beauté de la peinture et la noirceur du sujet.